Chronique Quand la nuit devient jour

IMG_20160611_113458Quand la nuit devient jour, Sophie Jomain

Pages : 238   ||   Edition : Pygmalion   ||   Langue : Français   ||   Année : 2016

Comment vous décrire dans l’état dans lequel je suis après avoir fini ce livre ? D’ailleurs heureusement que vous ne verrez pas les fautes sur ces premières lignes que je corrigerais une fois que je serais moins… fébrile.

Ce livre…. CE livre il n’a l’air de rien comme ça : tout court, un joli titre… Mais ne vous inquiétez pas c’est largement suffisant pour que la fin… Je n’en dirais pas plus.

Bon, maintenant que je me suis un peu remise et que j’ai corrigé les fautes, on peut enfin se lancer dans la chronique. Je suis tombée sur l’annonce de la prochaine publication de ce livre un peu par hasard mais quand je l’ai su, la date avait été marquée dans le calendrier et je l’ai bien évidemment acheter le jour de sa sortie, en grande fan de Sophie Jomain que je suis. Bref, je l’ai lu en lecture commune avec TheRainbowBooks dont vous pouvez trouver la chronique ici.

Camille est une dépressive, mais attention pas la petite dépressive. Elle l’était déjà enfant et cela la poursuivis toute sa vie en passant par différentes phases de boulimie, surpoids, obésité et anorexie mais aussi d’auto-mutilation et de tentative de suicide. Elle a été suivie quasiment toute sa vie et elle le sait : sa dépression est incurable. Et elle veut en finir avec sa souffrance, elle décide donc de se rendre en Belgique où l’euthanasie positive est légale. Son dossier passe et la date de sa mort tombe : elle mourra dans 4 mois.

Ayant déjà lu Avant toi de Jojo Moyes, je n’ai pas pu m’empêcher de les comparer, les deux traitant de l’euthanasie. Au premier abord, on pourrait croire que la dépression est moins grave et qu’il n’y a pas de raison que cela mène jusqu’à l’euthanasie. Mais ce roman nous rappelle à quel point on sous-estime tout ce qui relève du mal être de la psyché. Sachez qu’après la Première Guerre mondiale il n’y a eu aucun suivi psychologique des soldats et qu’on leur a reproché de ne pas passer à autre chose. Cette mésestime est dû au caractère intangible de ce que soigne la psychiatrie mais qui est une souffrance tout aussi importante et insoutenable que celle du corps. Et c’est ce que ce livre veut transmettre. La dépression peut  être incurable, elle peut être tellement violente qu’elle peut rendre votre corps malade et le détruire à petit feu.

Ce livre est en deux parties : un prologue où on a le détail de toute la vie de Camille, de tout ce qui l’a poussé au choix qu’elle fait et le reste du roman qui est sa vie dans la clinique jusqu’à la date de son intervention.

Le style d’écriture sert admirablement bien le récit. Ce prologue est un résumé de sa vie factuel : on a des dates, des chiffres, on n’est pas dans le débordement des sentiments. C’est pour nous convaincre de la gravité de la situation et nous montrer que son choix est réfléchis. Et puis il y a sa rencontre avec le Dr Peeters qui est le médecin qui l’accompagnera jusqu’à son injection et si elle le remarque dès le début de par le fait qu’il détonne elle ne tombe pas immédiatement sous son charme. Cela se fait au fur et à mesure et bien malgré elle vu qu’elle est là pour mourir.

– Aimeriez-vous être heureuse, Camille ?
– Je l’ai longtemps désiré. Plus maintenant.
– Pourquoi ?
– Parce que le bonheur m’empêcherait de mourir.

Sans pour autant faire cesser la souffrance.

Je dirais que ce n’est que quand on a le point de vue de Marc que l’on se rend compte à quel point celui-ci aurait enrichie le texte pour le côté relation parce qu’au final il ne se passe pas grand chose entre eux puisque l’une est sur le point de mourir et que l’autre est le médecin qui va l’y aider. En fait choisir entre la première personne de Camille ou Marc, c’était choisir entre faire un livre sur la dépression qui contenait une histoire d’amour et un livre romantique qui traitait de la dépression.

Sophie Jomain a bien transmis l’idée que se donner la mort est un choix que nous devons accepter quelque soit notre position sur ce sujet pour nous même. Le but n’est pas de comprendre mais d’accepter tout comme Marc n’a jamais essayer de la comprendre mais a toujours respecter son choix même si ce n’est pas le choix qu’il aurait fait, même s’il veut plus que tout qu’elle vive. Et jamais il tentera de la faire changer d’avis. Et c’est ce qui rend son amour pour elle encore plus beau. Parce qu’il ne tentera pas de la convaincre de rester en vie (et donc de continuer à souffrir) pour lui. Ce choix elle doit le faire par elle-même.

Très franchement ce livre pourrait être étudié. Moi-même en rédigeant cette chronique je suis frustrée tant j’ai envie de le relire pour le décortiquer et l’analyser et faire une véritable étude de texte. Pour en étudier les ressorts philosophiques mais aussi psychologiques.

Je conseille bien évidemment ce livre et pour tout ceux qui n’ont encore lu aucun Sophie Jomain vous aurez un petit aperçu de la façon dont elle peut torturer ses lecteurs, surtout avec ses fins.

Très sérieusement lisez-le et laissez en commentaire votre première réaction après avoir terminé le livre. Je suis très curieuse. Personnellement moi ça a été : OH MON DIEU!

 

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10 réflexions sur “Chronique Quand la nuit devient jour

  1. Ce que tu dis sur la mesestime, en tout cas, est très juste. J’ai du relire ta phrase 3 fois tellement j’ai bloqué dessus … Moi aussi j’ai bcp Cayenne rapprochement avec Me Before You, mais uniquement avant d’avoir entamer la lecture. Le sujet de l’euthanasie reste très tabou, notamment en France, et il est vrai de dire que Sophie Jomain à amené le sujet avec une délicatesse assez juste pour qu’on ne se sente pas outré d’un tel choix. A lire ses prochain ouvrages avec certitudes 😏

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    1. Le pire avec la mésestime et les reproches que l’on fait aux malades c’est qu’ils se sentent encore plus coupables de leur état mental. On disait littéralement aux soldats qu’ils n’avaient pas à se plaindre parce qu’ils étaient revenus vivants et on ne comprenait pas pourquoi ils n’en étaient pas heureux

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      1. C’est exactement ca … En tout cas … Ce roman m’aura fait réalisé pas mal de chose que j’avais plutot neglige jusqu’à aujourd’hui … Et je me rend compte que ce n’était pas nécessairement la meilleure solution … Ah lala … Sophie Jomain et ses mots alors …

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